Kyoto à la dérive

Juin 2003
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Note de l’éditeur. En collaboration avec l’UNESCO et la Croix Verte Internationale présidée par Mikhaïl Gorbatchev, Jean-Michel Cousteau a participé à la conférence « De l’eau pour la paix » au cours du Troisième Forum Mondial de l’Eau qui s’est déroulé en mars 2003 à Kyoto, au Japon. Ci-dessous le rapport de Jean-Michel Cousteau.


La privatisation de l’eau doit être gérée pour être au service de l’humanité, et non pour l’appauvrir.  Crédit photo : ahram.org

En mer, il est facile de penser qu’un navire est propulsé par les vents ou par les vagues nappées d’écume qui frappent la coque. Mais même les premiers polynésiens comprenaient que des forces obscures sous la surface, des courants cachés dans les profondeurs avaient plus de puissance que les vents bruyants et inconstants.

Voici les pensées qui m’agitaient alors que triste et en colère je quittais le Troisième Forum Mondial de l’Eau qui s’est tenu à Kyoto, au Japon (http://www.world.water-forum3.com/) en mars dernier.

J’ai eu l’impression que les échos bruyants de la guerre et de la politique ainsi que la poussée d’une convoitise incontrôlée ont pris le pas à Kyoto sur la nécessité vitale de résoudre les problèmes de l’accès équitable à l’eau et des conflits liés à l’eau.

Travaillant avec la Croix Verte Internationale http://www.greencrossinternational.net et son Président Mikhaïl Gorbatchev, j’ai assisté à toute la conférence. Mais peu des résolutions que nous espérions incorporer ont finalement figuré dans le document trop inconsistant de la Déclaration faite à l’issue de la Conférence ministérielle. La Croix Verte Internationale, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN) http://www.iucn.org/ et le Fonds Mondial pour la Nature (WWF) ont tous critiqué les gouvernements réunis au Forum mondial de l’Eau pour leur incapacité à assurer aux peuples qu’ils représentent un approvisionnement durable et approprié en eau et des systèmes d’assainissement.

Il est incompréhensible que les gouvernements puissent décider d’ignorer ou de diminuer la portée des recommandations des 12 000 spécialistes de l’eau qui ensemble ont proposé des solutions de bon sens aux problèmes de l’eau. Pourtant, c’est bien « le monde des affaires » et son infrastructure massive qui est considéré comme la seule solution à la crise mondiale de l’eau. En effet, la Déclaration ministérielle http://www.mlit.go.jp n’engage pas les gouvernements à revoir leurs projets de construction de barrages, n’exige pas une ratification immédiate de tous les Etats à la Convention des Nations Unies sur les Usages Hors Navigation des Cours d’Eau Internationaux, comme première étape vers la négociation d’une Convention Globale sur l’Eau.  continué

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