Juin 2003
Articles à la une
continué

Enfants irakiens se baignant dans de l’eau non traitée provenant des égouts.
Crédit photo : http://www.scn.org
Les échos bruyants de la guerre et de la politique ainsi que la poussée d’une
convoitise incontrôlée ont pris le pas à Kyoto sur la nécessité vitale de
résoudre les problèmes d’un accès équitable à l’eau et des conflits liés à
l’eau.
|
Ces points faisaient pourtant partie des recommandations officielles de la Croix Verte
Internationale. Ils s’accompagnaient de la demande d’un soutien international pour la
création d’un Organisme de Coopération sur l’Eau qui travaillerait avec les autorités de
bassins, les gouvernements et toutes les parties prenantes afin de résoudre les conflits de
l’eau difficiles à négocier.
Ces solutions concrètes doivent être accompagnées de mesures financières appropriées.
Ce qui m’amène à ce que je considère comme le spectre de la privatisation de l’eau, car
cette ressource doit être gérée pour être au service de l’humanité, et non pour
l’appauvrir.
Au cours du forum, les diplomates, les experts de l’eau, les représentants officiels des
gouvernements, les ONG et les étudiants qui représentaient l’avenir, étaient accompagnés de
sociétés privées dont l’activité est basée sur le commerce de l’eau. Ces grandes compagnies
internationales tenaient leurs réunions à huis clos et organisaient des cocktails avec les
représentants gouvernementaux. Contrairement à l’eau, ces démarches étaient loin d’être
transparentes et destinées à tous. Rapidement et officieusement, ce secteur privé a été
surnommé la « mafia de l’eau ».
Pour tout ce qui touche à l’eau, il doit être mis au service de tous.

La déclaration des Nations Unies stipule que « le droit de chaque être humain à l’eau
implique que chacun puisse avoir accès à l’eau en quantité suffisante, à un prix
abordable et qu’elle soit accessible, potable et d’une qualité adaptée aux usages
domestiques ». On ne peut donc pas considérer l’eau comme une nouvelle source de
richesse, comme l’or ou le pétrole. L’avidité n’a pas sa place ici. Aucun profit ne
doit être fait sur le dos de ceux qui ont soif. Crédit photo : UNICEF.org
|
Il est primordial de se souvenir qu’avec la décision récente des Nations Unies de
déclarer l’accès à l’eau comme un droit fondamental, nous disposons d’un nouvel outil
précieux pour définir les limites de l’utilisation de l’eau. Cette déclaration des Nations
Unies stipule que « le droit de chaque être humain à l’eau implique que chacun puisse avoir
accès à l’eau en quantité suffisante, à un prix abordable et qu’elle soit accessible,
potable et d’une qualité adaptée aux usages domestiques ». On ne peut donc pas considérer
l’eau comme une nouvelle source de richesse, comme l’or ou le pétrole. L’avidité n’a pas sa
place ici. Aucun profit ne doit être fait sur le dos de ceux qui ont soif.
Alors que ces quelques compagnies privées ne possèdent qu’environ 5 % des installations
d'adduction et de distribution d'eau, leur croissance est sidérante. RWE, avec l’acquisition
de Britain’s Thames Water
http://www.thameswaterbusiness.co.uk/,
a accru ses revenus liés à l’eau de 9 787 % en tout juste 10 ans. Il semble que le prochain
petit pas que doivent faire les compagnies travaillant dans ce secteur qui leur assure des
bénéfices importants soit de contribuer à assurer ce que les Nations Unies considèrent comme
un droit fondamental – le libre accès à l’eau. Une fois les besoins fondamentaux des hommes
satisfaits, la privatisation peut permettre d’engranger des profits. Ces profits ne seraient
alors pas réalisés aux dépens de la souffrance de ceux qui ont soif.
continué
page 1 - 2 -
3