Aller là où nul homme n’a été...

Février 2003
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Le Johnson-Sea-Link I, sous-marin des grandes profondeurs. Les experts estiment que nous avons exploré moins de 5 % de l’océan mondial.  Crédit photo : Copyright Harbor Branch Oceanographic Institution.

La dernière frontière est sans doute plus proche qu’on ne le croît. Pour y aller, il nous faudra calculer la distance en brasses et en années lumières.

J’approuve la récente décision du président Bush de consacrer un milliard de dollars à l’exploration spatiale du 21ème siècle. Mais je le conjure de prendre un engagement similaire pour l’exploration de la Terre et surtout des océans qui font de notre planète un astre sans autre équivalent dans le système solaire.

Car si la planète rouge – Mars – suscite la fascination, c’est la planète bleue – la Terre – qui porte la vie. Elle doit cette caractéristique unique à la présence d’eau - l’eau douce et l’eau marine - qui couvre 70 % de sa surface. Ce n’est sans doute pas un hasard si notre propre corps est aussi constitué à 70 % d’eau.

Savoir ce qui est advenu aux mers de Mars – si elles ont existé – et comprendre pourquoi elles se sont asséchées il y a des milliards d’années est certes important. Et cette histoire peut nous servir d’avertissement… Mais je pense qu’une question encore plus importante auquel il nous faut répondre est : pourquoi les habitants de la Terre continuent-ils à ignorer les impacts de leurs activités sur l’océan ?


Un plongeur s’approche du laboratoire sous-marin Aquarius. Tels les astronautes explorant le cosmos, les océanographes commencent à peine à déchiffrer les mystères de l’océan, cet univers aquatique source de vie sur notre planète bleue. Crédit photo : http://www.nasa.gov

Les océans de notre planète bleue nous fournissent tant de richesses : des protéines qui constituent une part importante de notre alimentation, des sources de molécules utilisées pour fabriquer des médicaments et de la pluie qui résulte des interactions entre l’océan et l’atmosphère. Et nous devons faire plus que simplement utiliser les ressources immédiatement disponibles à proximité de la surface. Les experts estiment que nous avons exploré moins de 5 % de l’océan mondial. C’est une infime fraction de cet univers vastement méconnu.

Imaginez ce que nous pourrions trouver si nous recherchions de façon plus approfondie les ressources que l’océan peut nous offrir. Des régions inexplorées des mers pourraient recéler des organismes à l’origine de nouveaux médicaments capables de soigner les fléaux qui affectent les hommes – nous pourrions peut-être trouver ainsi des remèdes contre le cancer, le SIDA ou d’autres maladies.

Quels sont les autres secrets qui se cachent sous la surface des mers ?

Avec mon père, Jacques-Yves Cousteau, j’ai passé ma vie à explorer les océans. Depuis qu’il m’a « jeté » par-dessus bord à l’âge de sept ans, je me suis senti irrésistiblement poussé à explorer, à découvrir et à comprendre la mer et ses secrets. On dit souvent que l’on en sait plus sur la surface de la Lune que sur notre propre planète. Comme la plus grande partie de la surface terrestre est recouverte d’eau, nous devons concevoir les outils nécessaires pour cartographier et explorer ces immenses étendues.  continued

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