Ocean Futures et son président Jean-Michel Cousteau ont participé directement à la
campagne organisée par plusieurs organisations américaines de protection de l’environnement
demandant une restriction à l’usage des sonars à basses fréquences (qui sont également
utilisés par l’OTAN). Nous publions ci-dessous le Communiqué de presse publié par le NRDC –
Natural Resources Defense Council à la suite de la décision de justice prononcée le 26 août
2003.
Des organisations de protection de l’environnement déclarent que cette mesure permet de
protéger les baleines et autres espèces marines des effets dangereux des sonars.
San Francisco, le 26 août 2003 – Un juge fédéral a établi que le déploiement d’un
nouveau système de sonar à haute intensité viole de nombreuses lois sur la protection de
l’environnement et pourrait mettre en danger les baleines, marsouins et poissons. Dans son
rapport de 73 pages, le juge Elizabeth Laporte a bloqué le déploiement mondial du système
et ordonné à la marine de réduire les effets potentiellement dangereux sur la vie marine de
son utilisation en négociant avec les organismes de protection qui avaient porté plainte.
Le système connu sous le nom de Surveillance Towed Array Sensor System Low Frequency
Active Sonar ou LFA (Sonar à basses fréquences) émet des sons puissants à très basse
fréquence afin de repérer des sous-marins à grande distance. Selon les études de la marine,
le LFA génère des sons jusqu’à 140 décibels à plus de 480 Km de distance. De nombreux
scientifiques estiment que de telles émissions de sons à aussi grande échelle dans l’océan
pourraient avoir des effets dévastateurs sur des populations entières de baleines,
marsouins et poissons. Lors des essais effectués au large de la côte californienne, le son
émis par un seul système LFA a été détecté de l’autre côté du Pacifique nord.
« La décision de justice annoncée aujourd’hui représente un répit non seulement pour les
baleines, marsouins et poissons mais aussi pour nous qui dépendons d’un océan en bonne
santé pour notre survie, » déclare Joel Reynolds, avocat et directeur du projet sur la
protection des mammifères marins au NRDC, principal plaignant et conseiller pour cette
action. « Cette décision entérine le fait que la sécurité nationale et la protection de
l’environnement sont tous les deux essentiels. Il reconnaît le fait qu’en temps de paix,
même les militaires doivent se plier à nos lois sur l’environnement et il rejette le chèque
en blanc qui aurait pu être donné à l’armée l’autorisant à utiliser le sonar LFA à peu près
n’importe où dans le monde.
Dans son jugement (
http://www.cand.uscourts.gov/), le
juge Laporte affirme que le permis délivré à la marine par le Service national des pêche et
l’autorisant à utiliser les sonars LFA viole la loi sur la protection des mammifères marins
(Marine Mammal Protection Act – MMPA), la loi sur les espèces en danger (Endangered Species
Act – ESA) et la loi sur la politique environnementale (National Environmental Policy Act -
NEPA). En effet, il n’évalue pas à leur juste valeur les précautions à prendre pour
atténuer les risques pour les mammifères marins et les poissons.
Le juge Laporte affirme également que : « des espèces en danger, comme les baleines, les
saumons ou les tortues de mer seront sur le passage des émissions dues au sonar. Il y a peu
de place pour l’erreur sans menacer leur survie. Sans une injonction, l’environnement marin
dans lequel vivent ces espèces sera affecté d’une façon irrémédiable. »
En octobre, à la demande des organisations de protection de l’environnement, le juge
Laporte a prononcé une injonction temporaire pour restreindre l’utilisation des sonars LFA.
L’injonction de ce jour ordonne à la Marine de négocier avec le NRDC et ses co-plaignants
sur les termes d’une injonction permanente qui définirait où, quand et comment la marine
peut utiliser ses sonars pour des essais ou des entraînements. L’injonction n’empêchera pas
la marine d’utiliser ses systèmes sonars en tant de guerre ou en temps de « grande menace »
tel défini par les militaires.
Les scientifiques ont été de plus en plus inquiets ces dernières années au sujet de la
pollution sonore due aux systèmes sonars à haute intensité car on a prouvé qu’ils pouvaient
blesser et même tuer les baleines et autres animaux marins.
L’échouage collectif de plusieurs espèces de baleines dans les Bahamas en mars 2000 et
la disparition simultanée dans la région de toute la population de baleines à bec ont
accentué ces inquiétudes. Une enquête fédérale a identifié la cause : l’essai par la Marine
américaine d’un sonar actif à moyenne fréquence. En septembre, des échouages collectifs ont
eu lieu aux îles Canaries à la suite de l’utilisation d’un sonar militaire et dans le Golfe
de Californie probablement à la suite d’une étude acoustique géophysique qui a nécessité
l’emploi de fusils à air comprimé très puissants.
Plus récemment, en Mai, plus d’une douzaine de marsouins communs ont été trouvés morts
sur la plage près des îles San Juan juste après un essai de sonar dans le détroit de Haro.
Les images vidéo montrent une troupe d’orques au premier plan ayant un comportement
erratique alors que derrière se profile la silhouette du navire de la Marine américaine, le
Shoup, en train d’émettre des sons puissants avec ses sonars. Des examens récents réalisés
sur l’un de ces marsouins communs ont révélé qu’il portait des blessures importantes liées
à un traumatisme acoustique.
« Les résultats scientifiques sont formels – des sonars actifs peuvent tuer les
baleines, marsouins et poissons » déclare Naomi Rose, spécialiste des mammifères marins
auprès de l’Humane Society aux Etats-Unis, l’un des co-plaignants. « La Marine doit trouver
les moyens d’effectuer des tests et de s’entraîner avec des systèmes LFA qui ne présentent
pas de danger pour la vie marine ».
« L’intérêt public est de minimiser le plus possible toute gêne ou blessure infligée aux
espèces marines suite à une exposition aux émissions très puissantes et à très longue
portée des sonars de la Marine » affirme le juge Laporte dans ses conclusions. «
L’inquiétude du public s’est réveillée lorsque des échouages en masse de baleines ont eu
lieu sur les plages à la suite d’une exposition aux sonars, comme ce fut le cas aux Bahamas
en l’an 2000 ».
« La cour a bien statué que le permis autorisant le déploiement des systèmes LFA viole
la loi fédérale » annonce Andrew Sabey, partenaire de la société internationale
Morrison&Foerster qui représente les plaignants NRDC, l’Humane Society, la ligue pour la
Protection des Coraux, la Société Internationale pour les Cétacés et Ocean Futures Society
et son président Jean-Michel Cousteau.
« L’environnement marin est une ressource d’une valeur incalculable et que nous devons
tous partager » déclare Jean-Michel Cousteau. « Je suis très content que le bon sens ait
prévalu. La justice a effectué un pas important vers la protection d’une partie de notre
environnement dont notre vie dépend. »
Daniel Hinerfeld
Natural Resources defense Council
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tel : 323 –934-6900
fax : 323 934 1210
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