Crédit photo: Nan Marr, Ocean Futures Society
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![]() Jean-Michel Cousteau discute avec des bénévoles qui mènent une lutte épuisante contre les dégâts dues à la marée noire. Ils sont équipés de bottes, combinaisons, gants et masques pour se protéger contre les émanations toxiques du pétrole. Crédit photo : Nan Marr, Ocean Futures Society |
27 décembre 2002
La Corogne, Espagne
"Nous sommes en Espagne avec notre équipe d’Ocean Futures le long de la côte sauvage de Galice pour soutenir, écouter et filmer ceux qui vivent la tragédie de la marée noire du Prestige. Cette catastrophe affecte aujourd’hui ces communautés dont la survie dépend de l’océan. La marée noire et son cortège de dégats sur ces villages habituellement préservés auraient pourtant pu être évités si les industries pétrolières et les lois internationales avaient pris des mesures appropriées.
"Ce nouveau désastre écologique affectera le milieu naturel et les générations à venir. Des dizaines de milliers de personnes, des animaux, des plantes, des oiseaux, des espèces marines ont été irrémédiablement touchées. Ce que nous constatons ici est incompréhensible, pourtant nous voyons tous les jours ces hommes et ces femmes à genoux sur la plage ramassant seau après seau ce pétrole toxique.
"Nous photographions les habitants et les bénévoles alors qu’ils se précipitent vers nous pour que nous les aidions à ajuster leurs masque ou la cagoule de leurs combinaisons protectrices car nos mains à nous sont propres. Sous la pluie et dans le vent, le pétrole recouvre tout. C’est effrayant et pourtant, nous ne sommes ici que pour quelques jours.
"Depuis le mois de novembre, les habitants de Galice immergés dans cette nappe toxique de pétrole vivent un cauchemar. Et chaque jour, 150 tonnes de pétrole continuent à fuir de l’épave du monocoque Prestige qui repose à 3000 m de profondeur. Après avoir demandé secours, le navire en détresse rejeté par le gouvernement espagnol a été repoussé hors de la zone des eaux territoriales de 200 miles où il s’est brisé avant de couler. Loin sous la surface le Prestige est "hors de notre vue" et donc "hors de notre pensée" pour certains, mais la marée noire due à ce bateau continue à réapparaître quotidiennement à la surface. Des tonnes de pétrole souillent chaque jour à nouveau les côtes et les plages qui viennent d’être nettoyées, se répandant à des centaines de kilomètres au nord et au sud bien au-delà de la zone touchée en premier lieu.
"Cette nouvelle "peste noire" du 21ème siècle est la conséquence de la négligence des industries pétrolières et des politiques dans le monde. Les responsables de ces compagnies et les bureaucrates devraient venir ici et vivre en direct ce cauchemar toxique. Ils ne désireraient sûrement pas que leurs familles et leurs enfants soient exposés à cette horreur.
"Il est temps d’exiger de la communauté internationale que cette négligence cesse. Après l’ Exxon Valdez et le Prestige, que nous faut-il de plus pour nous convaincre que ce carnage culturel et écologique doit être évité ? Il est temps d’agir à un niveau global. La sécurité, c’est le droit de vivre dans un environnement propre qui ne représente pas de dangers chimiques.
"Nous avons besoin du soutien de l’opinion mondiale pour agir. Protéger l’océan, c’est se protéger soi-même ».
Jean-Michel Cousteau et l’équipe d’OFS
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